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24 juillet 2017 

De Denver à Paris, de Mitterrand à Macron qu'est ce qui a changé ?

Source: Michel Bourrelly (depuis l'IAS 2017)

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En 1983, les séropositifs et malades du sida Américains décident de ne pas se laisser emporter par des vagues de stigmatisation ou de compassion !

En résumé les principes de DENVER étaient : « Ni victime ni coupable ». 

C'est 1983... il y a 34 ans, le virus venait d'être isolé quelques semaines auparavant à l'institut PASTEUR à PARIS, aucun traitement n'était à la disposition du corps médical, de nombreux médecins ne savaient pas comment réagir face à cette nouvelle maladie, le grand public était réparti entre ceux qui y voyaient le doigt de DIEU, ceux qui pensaient que c'était les Russes ou les Américains qui avaient encore créé une monstruosité, et ceux qui n'y croyaient pas.

A l'hôpital il y avait ceux qui en mourraient.

34 ans après vous croyez que la situation a changé ? 

Oui un peu quand même, des traitements existent et permettent à la plupart des séropositifs de mener une vie normale, et même de ne plus être contaminant pour ceux qui ont une charge virale indétectable, la moitié des séropositifs sur terre a accès à des traitements, le dépistage est valorisé et souvent diversifié (AUTOTESTS, TROD...)

Mais DENVER, c'était autre chose non ? c'était n'être, pour un séropositif, que patient de temps en temps, ne pas être montré du doigt, ne pas être coupable de quoi que ce soit, c'était être acteur dans la prise en charge de son infection, que ce soit en termes de politique de prévention ou de mise en place de protocoles thérapeutiques.

34 ans après, 1 contamination toutes les 17 secondes, 37 millions de séropositifs (seulement 20 millions sous traitement) près de 30 millions de morts depuis le début de l'épidémie (au total la population de la France entière concernée par le virus du sida dans sa chair depuis 1981), des nouveaux outils prophylactiques qui sont validés par communauté scientifique et dénigrés par une partie des acteurs des populations cibles, les utilisateurs de ces stratégies sont stigmatisés par leur propre communauté,  les séropositifs traités et indétectables toujours rejetés par une grande majorité des séro-ignorants alors qu'ils sont séro-inoffensifs.
Alors oui, la mortalité a été divisée par deux depuis 2005, mais ça veut dire que les séropositifs sont de plus en plus nombreux à vivre.

Virologiquement ils vont bien, mais qu'en est-il de leur qualité de vie, on doit ajouter un 4ème 90 aux 3 premiers, le facteur de qualité de vie quotidienne.

Alors la Déclaration de PARIS en amont de l'ouverture de la conférence de l'IAS 2017 est la bienvenue pour rappeler à toutes et à tous « Rien pour nous sans nous », principe qui au mieux a été dévoyé, par les organisations internationales certes mais aussi par certains acteurs, fussent ils en apparence très communautaires, mais la plupart du temps
complètement oublié pour permettre a une technocratie bouillonnante d'imposer ses vues et ses valeurs. 

Oui réaffirmons avec Giovana Rincon en ouverture de l'IAS, le sida n'est pas fini ! Le sida n'est pas fini ! C'est ce que semble avoir oublié fort malencontreusement le Président de la République Emmanuel MACRON, ce qui lui aura valu d'être au centre de toutes les conversations, de tous les échanges. Alors qu'il y a encore quelques jours la terre entière semblait saluer l'élection du nouveau président français, ce ratage et regrettable.

François MITTERRAND est réputé pour n'avoir jamais prononcé le mot sida tout a long de ses deux septennats, mais il était vieux, malade et d'une autre époque et quand il est arrivé au pouvoir on ne savait même pas qu'il y avait un virus derrière cette nouvelle maladie. Pour Emmanuel Macron, la situation est toute autre, il est jeune, et nous avons à notre disposition TOUS les outils pour combattre, et même vaincre l'épidémie.

Ce n'est donc pas le moment de baisser les bras, de ralentir les efforts, d'arrêter les crédits. La ministre de la santé, dans une salle à l'ambiance électrisée par les cris des militants « SHAME, SHAME, MACRON », a tenté de rassurer avec un discours apaisé mais trop technique. Les paroles étaient douces à entendre, les acteurs attendent des actes. 

Michel Sidibé a bien sûr rappelé que c'était MAINTENANT OU JAMAIS, il y a une fenêtre de tir, si on ne la saisit, pas notre ennemi « Le virus » vaincra. Compte tenu de l'actualité je choisis volontairement un vocable guerrier pour qu'il ait plus de chance d'être digéré.
Cette neuvième conférence sur le sida à Paris IAS 2017 et va être placée sous le signe visiblement de l'évaluation de l'impact des actions. Mais il est capital de savoir, que TOUT l'agent investi, tant dans la recherche qu'auprès des communautés l'a été à bon escient et que nous commençons à récolter les fruits de nos combats passés.

En effet 14 ans après la première conférence qui a eu lieu à Paris et qui était ouverte par le président de la république de l'époque, Jacques Chirac, et qui a vu la création du fonds mondial sur le sida la tuberculose et le paludisme, nous avons pu constater l'évolution considérable à la fois en matière de prise en charge des patients (dans le monde entier on est passé de 5 % à 53 % de personnes mise sous traitement) mais aussi d'une forte augmentation des dépistages, de l'accompagnement.

Malgré tout il reste encore beaucoup de choses à développer et surtout encore et toujours lutter contre les lois discriminant et stigmatisantes qui ne font que ralentir considérablement toutes les politiques de prévention et de soins qui ont été mises en place par l'ensemble des états.

Non le sida n'est pas fini 
Non le sida ne sera pas fini demain 
Mais si nous sommes respectés et entendus nous pourrons encore faire des progrès.

Michel Bourrelly


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