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26 juillet 2017 

L'IAS2017 se termine aujoud'hui, quel bilan? Par Michel Bourrelly

Source: Michel Bourrelly (depuis l'IAS 2017)

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Dernier jour de conférence à Paris: l'IAS2017 se termine aujourd'hui. Il est temps de se poser la question fatidique qu'avons-nous appris ?

Pas de grande nouveauté si ce n'est le prolongement et la confirmation de ce que nous savions en partie : c'est-à-dire l'efficacité de la PrEP dans la plupart des cas (97% d'efficacité)

Faut-il rappeler à nouveau ce qui nous permettra d'avancer et de réussir le combat que nous menons pour la plupart d'entre nous depuis plus de 30 ans ? OUI 

Nous devons renforcer la politique de dépistage, mieux cibler ces politiques dépistage en direction des personnes les plus à même d'être en contact avec le virus du sida.

  • Pour ce faire nous devons diversifier ces outils de dépistage ! renforcer le dépistage prescrit et conseillé par les médecins généralistes.
  • Rendre plus accessibles les autotests de dépistage du VIH par les associations en capacité d'accompagner et d'expliquer le fonctionnement mais aussi de cibler plus particulièrement les personnes qui en ont le plus besoin.
  • Renforcer et développer les TROD auprès des associations de lutte contre le sida en leur permettant de faire ces actions avec plus de financement, car à l'heure actuelle en dépistant plus et en dépistant mieux les associations perdent de l'argent.
  • Rendre visibles et accessibles à tous, les centres qui permettent de dépistage, et dans ces centres ne pas s'offusquer de la répétition des dépistages. Avec un seul leitmotiv, « répéter le test tous les 3 mois et au moins toutes les 10 rencontres ».
  • Renforcer la mise à disposition de préservatifs.

  • Faire en sorte que la PrEP (prophylaxie de préexposition) ne soit pas limité à Paris et Lyon mais que l'ensemble des villes puissent être en capacité de renforcer l'information auprès des personnes qui sont les plus à risque.
  • Renforcer les capacités et des centres hospitaliers mais aussi des centres de santé sexuelle pour leur permettre de mettre des trousses de TPE (Traitement post exposition) avec des délégations de tâches.
  • Réduire le temps entre la découverte d'une séropositivité et là mis sous traitement qui ne devrait pas dépasser la semaine afin que toutes ces personnes qui se sont contaminées puisse avoir très rapidement un écrasement de leur charge virale.
  • Maintenir dans le soin avec une charge virale détectable c'est aussi capital.
  • Permettre un accès à tous ces services à TOUTES et TOUS sans conditions d'origine ou de possession de titre de séjour, d'orientation sexuelle ou de genre !
Vous allez pouvoir dire mais tout ça en le sait on le sait même depuis très longtemps !
OUI c'est vrai, depuis au moins une dizaine d'années mais ALORS ? pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas ?

Il y a quelque chose qui bloque, les politiques ! 

Ces décideurs, qui faute de pouvoir agir sur l'économie se rabattent sur le champ où ils peuvent affirmer et faire valoir le peu de pouvoir qui leur reste : Les droits, l'humain.
Peut-être faut-il envisager la prochaine conférence mondiale de rassembler plutôt les politiques, les décideurs de toutes les villes de toutes les régions, de toutes les capitales, de tous les pays pour essayer de leur faire comprendre qu'en matière de lutte contre le VIH comprendre la science c'est bien, mais l'appliquer aux politiques de prévention c'est capital !
C'est cela que nous aurons appris !

Car pour rassurer nos dirigeants-comptables nous aurons appris aussi que tous les financements qui ont été investis depuis le début de l'épidémie ont porté leurs fruits, ont servi à quelque chose, ont servi à découvrir et isoler le virus, ont servi à mettre en place les tests de dépistage, ont servi à réfléchir sur la possibilité de traiter mieux depuis 1996 et de repousser le virus dans ses réservoirs, ont permis la mise en place de nouvelles stratégies thérapeutiques, ont permis de réfléchir à comment en développer une prophylaxie efficace qui s'est ajoutée à l'outil préservatif.

Tout cet argent qui a été mis par certains pays dont la France n'a pas été de l'argent jeté par les fenêtres !

Cet investissement a été de haut niveau ! il faut maintenir ce haut niveau de financement, il faut même l'augmenter. Il faut permettre la diversification des financements afin que d'ici 2030 nous n'ayons plus de nouvelles contaminations, dans notre pays, dans notre région, dans notre Europe, sur toute la planète.

Qu'il n'y ait plus d'enfants sans traitement (comme c'est le cas actuellement puisqu'encore 430 000 enfants restent en Afrique sans traitement).

Donc oui il faut plus d'argent, toujours plus d'argent mais ces milliards de dollars qui manquent ce n'est pas la mer à boire et ils vont nous permettre d'éradiquer une pandémie qui a fait déjà près de 35 millions de morts depuis le début de l'épidémie.
Ce qu'on a appris aussi au cours de cette dernière conférence c'est que finalement on n'apprend jamais !

Certains n'ont toujours pas compris ce que veut dire « implication des personnes vivant avec le virus » croyant qu'elles s'y connaissent mieux, qu'elles peuvent faire à la place de ceux qui vivent le sida ! (je n'ai pas dit « avec » volontairement)

De partout il y a ce phénomène, dans des organismes municipaux ou régionaux ou internationaux.

Alors une nouvelle fois, comme au moment de l'ouverture de cette même conférence, il faut rappeler la nécessité d'impliquer toutes celles et ceux qui sont touchés par le VIH, leur permettre de prendre une vraie place, pas un strapontin, les écouter sans les utiliser, les accompagner sans leur imposer un chemin ! 

34 ans que cela est dit, 34 ans que cela ne se fait pas systématiquement, 34 ans que pour certains ce n'est pas assez « professionnel » ou « diplomatique ».
Le sida se vaincra par des méthodes hétérodoxes, on le sait !
Alors bousculez-vous, bousculons-nous, ne nous trompons pas de cibles. Un seul objectif, la fin de l'épidémie.

De l'ambition OUI, mais pour les actions !

Michel Bourrelly 


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