contenu | table des matières | déclaration d'accessibilité

Fil Rouge

12 septembre 2018 

Le Groupe sida Genève réagit à l'aveu d'impuissance du Conseil Fédéral face à l'industrie pharmaceutique

Vignette de LOGO - GSG Coalition Plus.jpgCommuniqué de presse du Groupe sida Genève

Le Conseil fédéral avoue son impuissance face à l'industrie pharmaceutique !

En réponse à l'interpellation du Conseiller national Mathias Reynard 18.3595 « Prophylaxie Pré-Exposition (PrEP) - accès à une mesure efficace », le Conseil fédéral indique qu'aucune demande concernant la PrEP n'a été soumise à la Commission fédérale des prestations générales et des principes (CFPP) et qu'aucune autorisation de Swissmedic ou admission dans la liste des spécialités n'a été sollicité. Le Conseil fédéral souligne que seules les entreprises pharmaceutiques peuvent demander une autorisation ou une admission.

Par cette réponse le CF admet que la mise en œuvre de mesures de prévention concrètes afin de garantir la santé publique, dont la PrEP fait partie, ne peuvent être prises qu'avec l'aval de l'industrie pharmaceutique mais surtout, qu'à leur initiative.

La PrEP est une mesure efficace qui protège la personne qui la prend d'une transmission du VIH et pourrait, si elle était disponible dans les pharmacies en Suisse, éviter des nouvelles transmissions du VIH et ce, tout en économisant des sommes considérables à l'assurance maladie en traitements à vie qui ne seraient donc plus nécessaires. Dans de nombreux pays, la PrEP démontre déjà son efficacité depuis des années et les nouvelles transmissions de VIH en Angleterre, en Australie et aux États-Unis ont considérablement diminué grâce à son utilisation.

Malheureusement la PrEP n'est que partiellement et difficilement accessible en Suisse. Si les soins et les analyses sont remboursés par l'assurance obligatoire des soins, le seul médicament commercialisé à ce jour en Suisse (le Truvada de Gilead), coûte CHF 899.30 pour trente tablettes et n'est pas remboursé par l'assurance pour la PrEP. Ce prix est prohibitif et oblige les personnes à se fournir de manière informelle via internet avec tous les dangers que cela comporte pour leur santé.

Les génériques de ce médicament coûteraient un dixième de ce prix mais Gilead en empêche la commercialisation en Suisse afin de maintenir son monopole et avec, ses bénéfices. En France, ces génériques coûtent moins de €180 pour 30 tablettes, alors qu'en Allemagne elles coûtent moins de €80, et que lorsqu'elles sont commandées via internet à l'étranger depuis la Suisse elles ne coûtent plus que 40 euros.

L'Office fédérale de la santé publique (OFSP) n'a, selon le Conseil fédéral, aucune possibilité d'intervenir dans cette situation mais notre exécutif semble ignorer les nombreux outils existants comme la possibilité qu'a l'OFSP d'intervenir elle-même auprès de la Commission fédérale des prestations générales et des principes (CFPP) ou encore celle de l'article 70 OAMal autorisant l'OFSP à intégrer une indication ou un médicament autorisé dans la liste des spécialités (LS) même sans demande préalable du fabriquant.

Le Groupe sida Genève trouve regrettable que le Conseil fédéral préfère s'en remettre au bon vouloir de l'industrie pharmaceutique et les intérêts de leurs actionnaires que de répondre pro-activement aux impératifs de santé publique et de prendre les mesures nécessaires pour protéger efficacement la population des maladies transmissibles qui de surcroît sont aussi source d'économies pour l'assurance maladie.


Ajouter un commentaire

TrackBacks (0)

Liste des articles qui référence la note: Le Groupe sida Genève réagit à l'aveu d'impuissance du Conseil Fédéral face à l'industrie pharmaceutique.

TrackBack URL pour cette note: http://www.groupesida.ch/cgi-bin/mt/mt-tb.cgi/2493.



© 2008-2018 Groupe sida Genève | v1.0 | Flux RSS | Impressum